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Au coeur des ténèbres
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de Conrad / Simond
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" La
remontée de ce fleuve, c’était comme une remontée aux premiers
commencements du monde, au temps où la végétation se déchaînait sur
la terre, où les grands arbres étaient rois. Un fleuve vide, un vaste
silence, une forêt impénétrable. L’air était chaud, épais, lourd,
léthargique. Il n’y avait nulle joie dans l’éclat du soleil. Les
longues lignes droites de la voie d’eau couraient, désertes, se perdre
dans l’obscurité des lointains ombreux. Sur des bancs de sable
argentés, hippopotames et crocodiles, prenaient le soleil. Les eaux s’élargirent,
coulant au milieu d’une foule d’îles boisées ; on se perdait
sur ce fleuve comme on le fait dans un désert, et l’on donnait de la
proue dans les hauts-fonds du matin au soir, en essayant de trouver le
chenal, jusqu’à se croire ensorcelé, et coupé à jamais de tout ce qu’on
avait connu jadis […] "
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