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« Entre
1715 et 1750, se forme une période qui a sa consistance et sa
tonalité. Après les années sombres de 1680 à 1715, moment de crise
qui voit percer l’aube des Lumières, et avant les années offensives
de 1750 à 1784, heures de gloire chargées d’orages et de larmes, s’inscrit
notre matin lumineux.
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« Le temps est à la
clarté montante pour les Lumières. Un nouveau personnage apparaît sur
la scène : armé de sa raison contre les
« préjugés », le « philosophe » est né ;
il est à la mode. Toutefois, d’un camp à l’autre, les positions ne
sont pas, pour l’instant, franchement divergentes.
« Philosophes » et « dévots » ont encore de
quoi s’entendre : l’idée d’un Dieu garant de l’harmonie du
monde, l’éloge des plaisirs terrestres, ne sont pas sans les unir.
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« Plus largement, le temps
est alors, de façon exceptionnelle, à la lumière. Dans le pays,
malgré des pesanteurs et des tensions, prévaut un climat de paix, fait
d’une économie plutôt prospère, de guerres lointaines et gagnées.
Dans les arts et les lettres, c’est un état de grâce, qui a pour
noms Watteau, Boucher, Rameau, Crébillon, Marivaux. Ce qui s’offre
est, à proprement parler, un savoir-vivre. Autour des pôles du bonheur
et de la gaieté, s’affûtent cette jubilation du verbe, cet amour de
la pensée qui signeront le siècle et qui, eux aussi, ont un nom :
l’esprit.
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« […]
Civilité,
allégresse, optimisme : délaissant la majesté au profit du
sourire, une aristocratie de manières donne alors le ton au pays et lui
propose ses lieux d’élection. La qualité qu’elle cultive et dont
elle invite à goûter le prix, est l’aménité. Ce travail d’allégement
n’a rien de superficiel. Il est, contre la gravité, contre ce qui
pèse et qui pose, défense et illustration de la grâce. »
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